Le  Ca  scribouillard /

 

Mots et Maux de re-confinement... quelques extraits de vos courriels*
par souci de confidentialité, seules les initiales sont indiquées

 

MC H 28 nov. : 

Objet : Droit d'asile

« La France aligne sa jurisprudence sur celle d'autres Etats européens pour expulser des Afghans» 
lire l'article du Monde

À propos de Mes copains, mon grand- père et moi.* Je viens d'en terminer la lecture.

*Roman en lice au prix Chronos 2021 

 

Mi L 27 nov. :

Objet : Bye Bye Ausweiss et Erlaubniss (= pièce d'identité et autorisation)

      Ce ne sera pas la St Nicolas, elle sera passée et pas davantage l'arrivée du Père Noël, il faudra encore patienter quelques jours; ce 15 Décembre choisi est placé en sandwich entre nos deux barbus chéris. 
      Ce sera la fin de l'affreuse autorisation charabiesque. 
      Je mettrai au feu les 6 exemplaires de mes sorties en clin d'oeil dont 2 sont manuscrites : quand l'Internet fonctionne, c'est l'imprimante vorace qui dévore le papier. 
      Notre liberté restera encore muselée mais ne pleurnichons pas sur ce détail et tendons l'oreille. Je les entends les petits bataillons de vaccins, ils s'alignent en rangs serrés et débarqueront sans doute vers le "6 J" (Janvier bien sûr et non Juin) . Alors gardons l'espoir, c'est aussi un vaccin (sans piqûre) puisqu'il nous aide à
VIVRE.
      PS : Je procède au vernissage de 12 panneaux (passage de vernis et non exposition). Il fallait attendre que la peinture sèche
et je poursuis avec enthousiasme l'écriture du piège vénitien.....

M H 21 nov. :

      Je participerai au prix Chronos comme tu proposes de le faire. C'est une bonne idée. Pas besoin de masque. Chic alors !

MF G 21 nov. :

       Pour le prix Chronos, j'ai été contactée par la professeur documentaliste du lycée, qui comme l'an dernier y fait participer sa classe d'ASSP. 
      
Comme nous ne pourrons et ne tenons pas à nous balader dans le lycée ces temps-ci, je lui ai proposé d'échanger par mail et par l'intermédiaire du site du Café littéraire où j'insèrerai nos notes et impressions de lecture et les élèves, si elles sont d'accord, leurs Abécédaires... Ce qui sera sans doute accepté car le plus facile à réaliser, je pense. Puisque personnellement, et peut-être vous non plus, je n'ai pas la possibilité de communiquer par visio-conférence ni par Skype ou tout autre moyen de cette sorte, ce qui d'ailleurs serait, je crois, pour nous toutes compliqué...

O G 16 nov. :

      «Bien le bonjour à toutes les lectrices passionnées de notre club ! 
      Je suis admirative de ta facilité à écrire sur cette chose "hideuse" qui bloque nos vies actuellement, tu as trouvé le moyen de rêver
notre rêve à tous, toutes.»

      «Moi je lis, lis, encore plus que d'habitude puisque je suis prisonnière de mon corset jusqu'au 17 décembre pour la réparation et consolidation de la fracture de 2 vertèbres dorsales. Ouf, ce sera la fin du double confinement pour moi !
      Quand il fait beau, je sors marcher avec mon mari dans une tenue un peu beaucoup, trop peace and love car je ne peux pas vraiment m'habiller avec mon harnachement rigide d'1,5 kg à charrier, je me promène avec ma carapace sur le dos comme une tortue mais j'avance ! »

      «Ci-après une fiche lecture, histoire de vous faire partager un moment agréable, de dépaysement, d'évasion.»

Françoise Ascal (auteure de Variations-pairie et de L'obstination du perce-neige, parus en 2020) 15 nov. :

      «Nous devions venir à Mélisey pour une dizaine de jours juste au moment de la déclaration du nouveau confinement. J'ai été très déçue de manquer cette saison que j'aime tant ! »

MF G 15 nov. :

      «Quelles belles journées nous avons ! comme tu le dis, propices à l'entretien du jardin. Des qui s'en donnent à cœur joie ces jours d'après les pluies et labourent, ce sont les lombrics ! On ne peut plus faire un pas sans écraser un tortillon de terre... 
      Ce qui me fait penser à ce petit passage de Soigner, de Patrick Autréaux, ouvrage que nous avions lu lors du thème "médecine et maladie" : 
      "Les lombrics me fascinaient. J'avais lu dans un manuel de biologie, un extrait de L'origine des espèces sans doute, qu'ils labouraient le sol depuis le commencement du monde. Par leurs forages et sillons souterrains, dont les traces étaient aussi insoupçonnées que les ourlets de roches au fond des mers, ils étaient un peu comme des penseurs ou des écrivains qui, par tâtonnements, digressions ou raccourcis, chamboulent et fertilisent les terreaux latents de l'imaginaire."

      «OK, je mettrai les graines de giroflées dans ta boîte aux lettres cette semaine. En espérant que la pluie annoncée ne sape pas ta belle ardeur de jardinage. »

B L 13 nov. :

      «Hier je suis allée au centre social rapporter le gros livre d'Amos Oz, et j'ai pris "Deux fleurs en hiver" de Delphine Pessin que je vais lire vite pour le remettre dans la boîte...»

      «J'espère que tu confines consciencieusement comme mon mari et moi qui ne sortons que pour l'essentiel , nous jouons beaucoup au triominos et je joue au scrabble sur Internet plus un peu de lecture et de peinture et les activités habituelles d'entretien de la maison et du jardin par ces belles journées, et quelques recettes de cuisine, je ne trouve pas le temps long...»

      «Tu m'as parlé de graines de giroflées, je crois que c'est le bon moment...»

MF G 12 novembre :

      «J'espère que le confinement ne vous fait pas trop cauchemarder !

Cette nuit, 
J'ai rêvé que je marchais dans une ville où personne n'était masqué... 
J'ai rêvé que les gens y vaquaient, allaient, venaient sans avoir l'air préoccupés. 
J'ai rêvé que les personnes étaient de plus en plus nombreuses, presque une foule, faisaient leur marché, se rassemblaient... 
J'ai rêvé que seule au milieu d'elles, j'étais masquée... 
J'ai rêvé que mon masque était celui confectionné en tissu bleu à petits fruits vifs colorés... 
J'ai rêvé que je demandais à plusieurs personnes pourquoi elles n'étaient pas masquées... 
J'ai rêvé qu'elles ne me répondaient pas, comme si elles ne m'entendaient pas... 
J'ai rêvé qu'aux presque confins de la ville, enfin on m'informa que c'était une protestation passive contre le port du masque... 
J'ai rêvé que dans la commune limitrophe, au bout de la rue, sur l'autre trottoir du pont, les gens docilement portaient le masque... 
J'ai rêvé m'être alors demandé, si après tout ce monde croisé, ces personnes approchées auprès desquelles je m'étais enquis, je ne m'étais pas contaminée... 
Et puis, je me suis réveillée... 

Ce jour, 
Je suis allée effectuer des achats de première nécessité. 
De ravitaillement alimentaire, ai-je précisé sur mon Attestation de déplacement dérogatoire papier, datée du 12 novembre, 13h20 et signée. 
J'y suis allée sitôt après le déjeuner pour que le magasin soit peu achalandé, presque désert. 
Je suis passée devant l'école où les enfants arrivaient accompagnés de leurs parents. 
Tous masqués comme il se doit, même les mômes bien obéissants. 
De masques roses, bleus, colorés, jolis, mignons, touchants... 
J'ai frissonné en voyant tout ce monde et surtout tous ces petits bouts de choux si sagement masqués... 
Mais cela semblait leur être devenu aussi habituel que le port de leur sac d'écolier, de vêtements pour se protéger de la brûlure du froid ou de celle du soleil, de chaussures pour épargner leur fragile plante des pieds... 
Allons-nous nous habituer au fil du temps, au port du masque en permanence comme vêture incontournable ?

M A 7 novembre :

      « J'espère que ce confinement ne durera pas plus longtemps car, étant à L., je ne peux pas profiter des livres du centre et de la bibliothèque en drive. »

      « J'ai repris mes petites promenades avec le chien et... un tricot abandonné depuis l'hiver dernier ! »


H T 5 novembre :

Tu nous a invité(e)s à écrire des mots
sur le re-confinement avec ses maux.
Et tout de suite j'ai pensé:
Je jetterai des mots
sur papier bientôt,
et je me suis dit
peut-être un poème tout petit ?!

Voilà ! 

      Plus d'allégresse,
      non plus trop de tristesse.
      On va au jardin
      oublier son chagrin.
      On se réjouit de la flore et la faune,
      on passe des heures au téléphone,
      on fait des visioconférences,
      on élargit ses compétences. 
      

      On boit du thé ou du café,
      on lit des livres bien aimés.
      L'une s'adonne au tricot,
      l'autre cherche encore ses mots.
      Tout un chacun avec plaisir
      rêve de son avenir,
      cet avenir si incertain
      qui nous glisse de la main. 

 

Tout ira bien ?!
Préservons notre lien !

Mi L 30 octobre :

Objet : Le poids du silence, trop triste tribune de Toussaint

       Il y a 15 ans ce jour, maman me quittait. Très triste anniversaire cette année. Le glas du silence est encore plus affligeant que celui des cloches. Pas le moindre bruit à l'extérieur, même les oiseaux ne chantent plus, aucun passage de piéton, pas de trottinette, pas de bicyclette, pas de voiture et pas même un chat. Les deux miens refusent de sortir , auraient-ils compris la situation ? Car rebelote ! Notre Liberté chérie, muselée depuis des mois, vient de nous être confisquée. Cette loi du silence n'est pas l'adage d'une mafia. Elle doit nous protéger d'un fantôme invisible, un neo vampire. Dracula es-tu là ? Aucun pro du fantastique n'a jamais imaginé pareil scénario. Hitchcock doit s'en retourner dans sa tombe. Liberté chérie, notre "doudou"(e) des jours déjà anciens, quand te presserons-nous à nouveau sur nos coeurs ? Certains n'auront d'autre choix que de te faire un signe de loin "Vale in Perpetuum". L'arme salvatrice se fait douloureusement attendre. Par chance pour nous, les adeptes du Café littéraire, nous bénéficions à distance de la protection de notre coache en littérature qui sait maintenir en vie le fil d'Ariane dont elle nous entoure, telle une infirmière en salle de réanimation . MERCI Marie-Françoise. 

 

Marie-Françoise 30 octobre 2020

       «Nous voici repartis pour un tour d'enfermement. Je relance la page "Mots et maux de confinement"... et attends également vos impressions de lectures diverses et variées sous forme de notes à partager sur notre rubrique "Lectures". D'avance merci!»

      «Cette fois ce n'est plus le spectacle de l'éclosion des petites fleurs avec l'arrivée du printemps qui nous consolera en nous ravissant au jardin, pour ceux et celles qui en disposent, mais celui des belles couleurs d'automne et des feuilles qui s'envolent et tourbillonnent nostalgiquement au vent... »

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