Le Café Littéraire luxovien /  Des lectures (8)

dernière mise à jour:
17 janvier 2018

Table des lectures
Prix Marcel Aymé
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La dure loi du karma, de Mo Yan (éd. Seuil 2009 -760p / poche 900p)
lecture par Marie

C'est une drôle d'histoire, mais pas une histoire drôle, même si toute une partie conte des facéties. C'est un très long récit qui au bout du compte vous remue jusqu'au tréfonds.

Qui dit "karma" dit réincarnation. L'histoire se passe en Chine. Elle est narrée à la première personne et au présent par Grosse Tête, qui est la réincarnation, enfin humaine, du personnage principal Ximen Nao (propriétaire terrien fusillé en 1950 par la populace fraîchement convertie aux doctrines communistes).  Et en alternance, par Lan Jiefang le fils de Lan Lian (lequel Lan Lian est le fils adoptif de Ximen Nao et le seul paysan de toute la Chine resté indépendant envers et contre tout, même de sa famille, au grand dam des autorités qui auraient voulu qu'il adhère à la commune populaire).

Nous est contée la mort de Ximen Nao,  puis sa vie d'âne, sa mort d'âne, sa vie de bœuf, sa mort de bœuf, sa vie de porc, sa mort de porc, sa vie de chien, sa mort de chien, puis de singe... toujours en relation avec la vie des siens, épouse, concubines, enfants, petits enfants... puisqu'il renaît chaque fois dans le même village ou revient sur ses traces en ayant gardé ses souvenirs d'humain, lesquels au fil des cinquante années que couvre le récit s'atténuent bien sûr, comme certains des nôtres s'atténuent aussi au fil de notre vie d'humain.
       "Les souvenirs du temps où j'étais Ximen Nao, même s'ils ne sont pas entièrement effacés, ont été refoulés tout au fond de ma mémoire par quantité d'événements qui se sont produits depuis. (...) Dans les pages de l'Histoire passée j'étais son père et elle était ma fille, mais dans la présente vie je ne peux être qu'un chien tandis qu'elle est la maîtresse de mon frère et la sœur cadette utérine de mon maître."
       Mais que de morts poignantes pour le lecteur à supporter, même s'il sait que réincarnation suivra.

La narration des vies successives de Ximen Nao et de ses rapports avec les membres de sa famille et descendance sont la trame romanesque foisonnante qui permet la relation, souvent ironique, par l'auteur de l'Histoire des villages de campagne depuis la "libération" maoïste en passant par la Révolution culturelle et l'installation de la commune populaire par Mao Zedong, jusqu'au retour à la propriété individuelle après la mort de ce dernier et aux luxe et plaisirs que procure la société épicurienne et marchande des débuts de notre nouveau millénaire, passant par bien des bouleversements.

Bref, ce sont 760 pages d'une lecture de plus en plus prenante et qu'on ne regrette pas. Certaines graves et d'une violence presque insoutenable qu'on lit dans la tension, d'autres légères et facétieuses, d'autres très émouvantes. Au cours de ces pages, les deux narrateurs évoquent et dénigrent souvent un certain "petit drôle" du village : Mo Yan, ou relatent ses propos et ses écrits. C'est pourtant lui, l'auteur, qui tiendra la plume dans la courte dernière partie du livre (il en compte cinq), pour achever cette histoire afin que nous connaissions le devenir des divers membres de la famille de Ximen Nao et quelle fut sa dernière réincarnation, reliant ainsi fin et commencement.

 

 

Gaspard, Melchior et Balthazar*, de Michel Tournier (1980 coll. folio / *Il existe en folio junior une version intitulée "Les rois mages" )
lecture par Brigitte Grillot :

Voici en ce jour d'Épiphanie un livre de circonstance qui a le mérite d'être l'unique roman écrit sur l'épisode des rois mages.
       De ces derniers, nous ne savons rien en dehors de quelques lignes figurant dans l'Évangile selon Saint Matthieu, lignes qui ne précisent ni leur nom, ni leur nombre (rien ne prouve qu'ils étaient trois) et qui n'indiquent pas qu'ils étaient rois. La Bible les dit astronomes, astrologues pratiquant la divination, mages donc. Cependant, Michel Tournier, le romancier des mythes, reste ici fidèle à la légende qui a fait de ces mages des princes ou des rois.

Face au mystère qui les entoure, il a donc fallu que le romancier leur invente un caractère et une histoire, qu'il trouve un motif pour chacun de quitter son pays motif souvent naïf, "tiré par les cheveux" pense-t-on parfois. Ce parti pris de naïveté ou de futilité, il faut l'accepter, d'autant que les personnages vont évoluer.

Chaque roi mage a une chose à apprendre qui lui sera révélée. C'est le sens même du mot "épiphanie" avec un "e" minuscule : compréhension soudaine et lumineuse qui fait suite à de nouvelles informations ou expériences.

Il n'est pas nécessaire d'être croyant pour apprécier ce roman aux allures de conte, qui intéresse aussi par ses réflexions philosophiques sur différents sujets, ceux-là même qui font prétexte au départ de chaque roi.
       Il s'agit également d'un récit de voyage, très visuel, dépaysant au possible, très bien documenté comme tout l'est chez Tournier.

On y perçoit un rêve de société idéale où, sans plus de racisme, les peuples s'uniraient, où les animaux ne seraient plus maltraités ni tués ― et surtout pas au nom d'une religion, où l'alimentation redeviendrait plus saine.

Ce roman, s'il n'atteint pas le niveau des trois grands livres de Tournier que sont Vendredi ou les limbes du Pacifique, Le roi des Aulnes et Les météores, et s'il ne correspond pas à ce qu'on s'attendait à découvrir à propos des rois mages, se lit agréablement, offrant pour qui veut l'approfondir, différents niveaux de lecture.

PS. À ceux qui le liront, je recommande l'excellent article de Mathilde Bataillé, Roman mythologique et initiation au temps dans l'oeuvre de Michel Tournier, sur fabula.org. Ne le consultez pas avant lecture, sous peine d'y découvrir l'histoire.
Tapez : gaspard melchior balthazar mathilde bataille.

 

 

Jude l'Obscur, de Thomas Hardy (Albin Michel 1950 & Livre de Poche)
lecture par Marie :

Ce roman poignant, fit scandale à l'époque de sa parution en 1896. C'est une amère critique de l'institution du mariage, des conventions sociales qui y sont liées. Des obligations qu'il implique et des effets de l'opinion lorsqu'on ne les respecte pas ou veut s'en dégager. Mariage = piège pour les hommes qui s'y laissent prendre et qui, à cause/ou pour l'amour d'une femme, abandonnent leurs projets, leurs ambitions. Mariage = piège pour les femmes puisqu'au regard de la religion laquelle religion, le roman critique également , elles sont obligées de se soumettre aux désirs de leur époux jusqu'à la fin de leur jours, même si le mariage peut être pour elles un moyen de s'assurer une certaine protection.

Jude rêvait depuis l'enfance d'aller étudier dans la lumineuse ville ecclésiastique et universitaire de Christminster qu'il pouvait, depuis son village, apercevoir au loin par beau temps.  Le roman se déroule en partie dans cette ville de Christminster imaginée par l'auteur. Bien qu'orphelin et pauvre, Jude, tout en apprenant le métier de sculpteur de pierres, se cultive par lui-même, s'astreint à étudier seul les livres anciens, le latin et le grec, afin de pouvoir entrer à l'Université. À cause de ses origines modestes, il n'entrera jamais dans les collèges, restera un travailleur manuel dans l'ombre, à l'extérieur de leurs murs, ne fera qu'en tailler et sculpter des pierres pour rénover leurs édifices.

"Obscur", donc, parce qu'il n'a pu s'élever, mais aussi parce que malchanceux toute sa vie. 

Car c'est aussi un roman sur la prédisposition, la prédestination, que semblent avoir certains êtres au malheur. Qui regrettent d'être nés : "Pourquoi la lumière a-t-elle été donnée à ceux qui sont misérables et la vie à ceux qui ont l'amertume dans le cœur?"
       Jude en est, qui, orphelin de part l'effet néfaste du mariage sur ses parents, fera lui-même un premier mariage malheureux.
       Sue aussi, sa cousine dont il s'éprend, avec laquelle, craignant que le mariage ne tue leur amour, il vivra maritalement. Mais Sue, toute de contradictions, et bien qu'ayant des idées d'avant garde et d'indépendance, ne veut répondre au désir charnel et fera différer longuement le moment d'unir vraiment leurs corps. Le roman narre longuement leurs hésitations, leurs tergiversations, leurs raisonnements, approfondit des rapports entre eux.
       L'on voit qu'il est difficile de se sortir des convictions inculquées par la société, même si on les méprise. À cause d'elles les héros, Sue et Jude, auxquels le lecteur s'attache, sont en lutte contre leurs passions et les circonstances.

Bref, ce roman, d'une autre époque puisque les choses ont bien changé, est bon à lire pour se rendre compte de ce à quoi étaient assujettis nos aïeux il n'y a pas si longtemps, de la lutte âpre qu'ils ont menée pour accéder à la liberté en matière d'union libre, laquelle aujourd'hui ne choque plus personne, même si cette liberté peut être source d'autres tourments...

 

 

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, de Lemony Snicket (hétéronyme de Daniel Handler) (HarperCollins Publisher Inc. 1999 éd. Nathan 2002 pour la traduction française)
lecture par Marie-Françoise :

Lu à l'occasion d'une préparation d'un café littéraire sur "les enfances orphelines" et parce que souvent référencé dans les listes d'ouvrages sur ce thème, ce roman, plein de rebondissements et de suspens, tout sauf lassant, où l'on s'éclaire à la bougie mais possède frigidaire et talkie-walkie, dont l'auteur dissuade d'en poursuivre la lecture si l'on n'aime pas les romans qui se terminent mal, est classé dans la littérature jeunesse.

Pourtant, ces aventures s'avèrent n'être pas dénuées d'intérêt pour le lecteur adulte. Celui-ci y décèle dès l'introduction du nom de Mr Poe, si le titre ne lui avait pas déjà mis la puce à l'oreille, que les noms donnés aux personnages sont des clins d'œil, plus ou moins faciles à repérer, à des personnages célèbres. À des auteurs, tels Charles Baudelaire, poète maudit comme semblent l'être les trois orphelins à qui arrivent ces aventures qualifiées de désastreuses et Edgar Allan Poe que Baudelaire avait traduit. Mais aussi, à cause du vilain personnage qu'y est le comte Olaf, à Théophile Gautier qui, dans L'Avatar (sa réécriture de Faust), a dressé un personnage du même nom porteur du même désir de pouvoir. Théophile Gautier à qui Baudelaire a dédié ses Fleurs du mal... On se demande alors si la juge Abbott aux bons sentiments et qui aime cultiver les "fleurs" dans son jardin, ne fait pas écho précisément à ces "Fleurs" du mal? Et l'on poursuit ses investigations pour découvrir que peut-être ce nom pourrait aussi bien renvoyer à l'entreprise pharmaceutique américaine fondée à Chicago en 1888? Ainsi pour chaque personnage on est amené à se poser la question de l'origine du nom. Édouard, est-ce à cause d'Édouard Branly, le physicien et médecin (la jeune orpheline Violette étant passionnée par les inventions)?, ou d'Édouard Bled, puisque que, mine de rien et de façon très pédagogique, le roman explique de nombreux termes un peu ardus aux jeunes lecteurs dont il enrichit le vocabulaire... et la gouverne.

Je n'ai lu que le premier tome de cette série qui en compte treize. Gageons que dans les suivants bien d'autres allusions sont ainsi faites à de fameux personnages, pas forcément reluisants, et souvent criminels même si le récit en lui même, destiné à la jeunesse est très moral. Seul le lecteur adulte averti les repérera peut-être ou se piquera de les déchiffrer. Mais d'autres l'ont fait avant lui qui, sur Wikipédia en donnent bien des clefs. Ainsi, les prénoms des deux autres orphelins, Klaus et Prunille (Prunille étant la traduction française du prénom Sunny donné au bébé dans la langue anglaise d'écriture du texte original), font référence au fameux Klaus Von Bülow qui a défrayé la chronique dans les années 1930...

Bref, l'auteur a dû bien s'amuser en concevant cette série de romans d'aventure. De quoi donner du fil à retordre à tout parent lecteur curieux, au delà du simple récit basique que lit son rejeton, de découvrir ce que furent réellement les personnages à qui les noms sont empruntés et si dans sa fiction l'auteur leur conserve leurs traits de caractères, les place dans des situations quelque peu analogues, ou évoque l'un ou l'autre élément qui les ont faits connaître.

 

La porte, de Magda Szabó (éd. Viviane Hamy 2003)
lecture par Marie :

J'ai lu moult et moult romans de plus ou de moins grand intérêt qui traitent de domestiques. Mais La porte, roman autobiographique de Magda Szabó, est, à mon avis, l'un des plus marquant de part le secret qui court tout au long du livre, celui d'Emerence, sa domestique au caractère autoritaire, revêche, qui ne se laisse rien dicter et ne laisse personne pénétrer dans son logement. Pas même les proches de sa famille.

Hongroise, Magda Szabó relate dans ce roman la période de sa vie où elle réapparaît sur la scène littéraire après une éclipse pour raison politique de l'année 1948 à la fin des années 50. L'écrivaine qui commence à être célèbre, mène une vie publique alors que la vieille femme, Emerence, est humble et préserve son intimité à tout prix. Elle voile en partie son visage et son plus grand souci est que reste secret ce qui se cache derrière sa porte et dont tous sont curieux, à commencer par Magda Szabó et nous autres lecteurs. Seul le chien, Viola, qui tient une grande place dans le récit, recueilli par l'écrivaine mais qui considère Emerence comme sa véritable maîtresse, a le droit d'entrer chez elle, y a ses aises. Emerence est tout le contraire d'une intellectuelle que d'ailleurs elle méprise, elle sait à peine lire même si elle est intelligente, est concierge d'immeubles et, d'une robuste constitution, effectue infatigablement et à la perfection les travaux domestiques rendant service à tout le quartier, dont à l'écrivaine dont elle sera femme de ménage une vingtaine d'années durant.

 Les deux femmes au fil du temps s'apprivoisant, éprouvant de plus en plus d'affection l'une pour l'autre, même si elles ne le montrent pas, on apprendra au fur et à mesure de l'évolution de leur relation, des éléments de la vie d'Emerence. Les scènes marquantes de son enfance, son amour d'autrefois non partagé, à cause duquel elle décida de ne plus jamais s'attacher, et ne plus dépendre des autres, mais que les autres dépendent d'elle... masquant la générosité dont elle sait faire preuve, elle qui s'attache à aider les vagabonds, les solitaires comme elle.

 

Les Nefs de Pangée, de Christophe Chavassieux (éd. Mnénos 2015)
lecture par Marie-Françoise

Récit de guerre, de légende, chronique d'un peuple imaginaire... pour le lecteur qui n'est pas friand de fantasy l'entrée dans Les Nefs de Pangée, roman volumineux (492 pages) de Christian Chavassieux, est assez fastidieuse. Rien moins que 80 pages de persévérance peuvent être nécessaires pour commencer à s'y intéresser un tantinet. Le temps de s'acclimater au continent de Pangée, immense au milieu d'un océan unique où vit un monstre marin, à sa géographie, ses lieux, sa faune, sa flore, ses différentes nations, ses personnages, nombreux, leurs noms étranges, leur façon de procréer, leur mode de vie et leurs légendes. Ce n'est que la centaine de pages largement dépassée, que le lecteur se sent vraiment happé par le récit. 

Sur Pangée vit le peuple de Ghiom. Les Nefs évoquées dans le titre sont des navires construits par eux pour aller naviguer sur l'Unique, y chasser périodiquement l'Odalim. Monstre marin, maître des eaux, qui tient un peu de Moby Dick... L'un des héros, celui qui le poursuivra jusqu'au bout, s'appelle Bhaca, anagramme de Achab. 

Mais la chasse à l'Odalim et sa très longue préparation durant deux décennies, son pourquoi, sont accompagnés d'autres motifs dans le récit : lutte fratricide, génocide, croyance aux oracles, obscurantisme entretenu, système économique, Promis annoncé par les Prophètes, espoir d'une ère faste à venir, d'un changement profond, d'un renouveau. Mais aussi, retour d'une espèce à son berceau, comme à une Terre promise : "«Moi, on me mettra en terre» disait quiconque espérait toucher le continent un jour. Et voici que les premiers Humains depuis peut-être mille ans étaient enterrés dans le lieu le plus sacré de leur espèce. Ils étaient désormais chez eux. Ce sont les morts qui enracinent un peuple."

L'on passe insensiblement de la fantasy, domaine des légendes et de leurs chroniques, à la science-fiction, à l'anticipation, lorsque cette "Pangée", se révèle être les divers continents à nouveau rassemblés de la Terre. Le récit, qui aborde aussi les questions de l'origine de l'humanité, son devenir, la mort des espèces ou des civilisations, la place de l'homme dans la nature, sur la planète qui l'accueille et dont il se croit maître, amène le lecteur à se demander : Que serait-il advenu de nous, les homos sapiens, si les branches australopithèques, homo erectus ou autres néandertaliens n'avaient pas disparu? Qu'adviendra-t-il de nous dans les ères à venir? Et qu'en est-il du destin "individuel" au milieu des mouvements vastes et collectifs?

Mais chut ! il ne faut rien dévoiler de ce récit que l'on découvre finalement riche, grandiose, lyrique et fascinant, et qui explore tous les aspects de l'humain, puisque l'on passe de la sécheresse de sentiments qui nous rebutait au début, à l'émotion de la fin.

 

Le livre des nuits, de Sylvie Germain (éd. Gallimard 1985)
lecture par Marie

Tragique et magnifique, pour peu qu'on accepte de se laisser emporter par une bonne dose de fantastique. C'est l'histoire de la famille Péniel. Du père, batelier sur l'Escaut, aux arrières petits enfants, devenus fermiers depuis que le personnage principal, Victor-Flandrin, son fils, ait quitté la vie sur l'eau pour s'installer à l'écart dans une ferme de la région frontalière de Terre Noire. 
      Elle traverse trois guerres, ou plutôt est broyée par trois guerres, celles de 70, de 14-18 et de 39-45, même si Victor-Flandrin, dit Nuit-d'Or-Gueule-de-Loup, prendra femme quatre fois et aura une nombreuse descendance. 
      Les bonheurs et les malheurs qu'il subira le feront passer d'un Dieu impossible "à l'aplomb de leur vie" auquel il ne croit pas, à la croyance en "un Dieu sans visage, transfondu dans la terre, fait de pierres, de racines et de boue. Un Dieu-Terre, se dressant tout autant en forêts et montagnes que coulant en fleuves ou encore courant en vents, en pluies et en marées. Et les hommes n'étaient rien d'autre que des gestes plus ou moins amplement déployés par ce corps très obscur enroulé sur son interminable songe." 
      Le lecteur lit, le cœur battant, le cœur serré, l'écriture lyrique et poétique de Sylvie Germain, qui conte le naturel, le sur-naturel, la sensibilité exacerbée des personnages, leurs passions, qui se traduisent par des phénomènes étranges dans leur corps même de chair et de sang. 

 

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