Le Café Littéraire luxovien /  cures

 

     J'avais toujours aimé les jardins : ceux des villes d'eaux comme celle où j'étais né avec leurs parterres souvent trop fleuris et trop dessinés et les bancs sur lesquels les vieilles dames en cure tuent le temps d'ennui qui leur reste.

Patrick Samuel, L'errance du sanglier

 

      Le repos n'est chez lui qu'épisodique, le bonheur n'est qu'éphémère. Tantôt il est à Lugano, tantôt à Naumburg, à Algula, puisa Bayreuth, à Lucerne, à Steinabad, à Chillon, à Sorrente; et il se dit que les bains de Bad Ragaz pourraient calmer son moi douloureux, qu'il pourrait bien être touché par la grâce des eaux salutaires de Saint-Moritz, des sources de Baden-Baden, puis le voilà encore à Interlaken, à Genève, aux thermes de Wiesen. L'espace d'un instant il croit découvrir dans l'Engadine des affinités avec lui-même, il se voit libéré; et puis non, il lui faut à nouveau une ville du Sud, Venise ou Gênes, Menton ou Nice, il tente, brièvement, sa chance à Marienbad, tantôt l'attirent les forêts, tantôt c'est un ciel serein, d'autres fois il estime que la tranquillité peut seulement lui venir d'une petite ville riante où l'on fait bonne chère. 

Stefan Zweig, Nietzsche et l'ami 
(dans le recueil "Hommes et destins")

 

    ...je me rappelle que le soir, nous sommes restés jusqu'à une heure tardive assis tous deux près de la fenêtre ouverte et que Marie m'a raconté mille choses sur l'histoire de la balnéothérapie, le déboisement de la cuvette autour des sources au début du XIXe siècle, les premières habitations et auberges néoclassiques édifiées anarchiquement sur les pentes et l'essor que très vite tout cela avait pris. Les maîtres d'oeuvre, maçons, peintres, plombiers et serruriers, plâtriers et stucateurs venaient de Prague, de Vienne et de toutes les contrées de l'empire, beaucoup même de Vénétie. Un jardinier de la cour du prince Lobkowitz entreprit de transformer la forêt en un parc à l'anglaise, il planta des arbres indigènes et rares, aménagea des pelouses agrémentées de nombreuses haies, des allées, tonnelles, et belvédères. Des hôtels de plus en plus fiers sortirent du sol, et des casinos, des établissements de bains, des cabinets de lecture, une salle de concert et un théâtre où bientôt se produisirent les coryphées des arts les plus divers. En 1873 fut érigée la grande colonnade de fonte et désormais Marienbad compta au nombre des stations les plus mondaines d'Europe. Parlant des eaux minérales et particulièrement des sources d'Auschowiz et là, dit Austerlitz, avec son art du comique et de la dérision qui lui est propre, elle déballa devant moi toute la palette des termes à la disposition du diagnostic médical ―, Marie me révéla que les cures étaient expressément recommandées pour des maux à l'époque très répandus dans les milieux bourgeois, obésité, troubles de l'estomac, paresse intestinale et autres embarras du bas-ventre, menstruations irrégulières, indurations hépatiques, dysfonctionnement biliaire, crises de goutte, hypocondrie splénique, maladies des reins, de la vessie, de l'appareil urinaire, adénomes et lésions de type scrofuleux, mais aussi faiblesses des systèmes nerveux et musculaires, asthénie, tremblement des membres, paralysies, écoulements de mucosités et de sang, éruptions cutanées chroniques et encore presque toutes les affections possibles et imaginables.

W.G.Sebald, Austerlitz

 

      Ville d'eaux, Söderköping cultivait cette vocation unique jusqu'à l'intolérable. Non seulement elle possédait plusieurs sources diversement thérapeutiques, mais elle était encore traversée par un canal compliqué de bras qui la morcelaient en une collection d'îles minuscules. Faut-il dire enfin qu'il semblait y pleuvoir plus abondamment que nulle part ailleurs en Suède et que ma prime jeunesse, gorgée de tant d'humidité, dans cette «petite Venise scandinave», m'apparaît rétrospectivement comme le pardessus trempé qu'on dépouille avec des gestes de dégoût, sitôt qu'on est mis à l'abri, sans savoir où l'accrocher, parce qu'il ruisselle, doutant au fond qu'il sèche jamais.

François-Olivier Rousseau, La gare de Wansee

 

      Cette station thermale avait commencé comme elles commencent toutes, par une brochure du docteur Bonnefille sur sa source. Il débutait en vantant les séductions alpestres du pays en style majestueux et sentimental. Il n’avait pris que des adjectifs de choix, de luxe, ceux qui font de l’effet sans rien dire. thundercloud.gif - 136388 Bytes Tous les environs étaient pittoresques, remplis de sites grandioses ou de paysages d’une gracieuse intimité. Toutes les promenades les plus proches possédaient un remarquable cachet d’originalité propre à frapper l’esprit des artistes et des touristes. Puis brusquement, sans transitions, il était tombé dans les qualités thérapeutiques de la source Bonnefille, bicarbonatée, sodique, mixte, acidulée, lithinée, ferrugineuse, etc., et capable de guérir toutes les maladies. Il les avait d’ailleurs énumérées sous ce titre : affections chroniques ou ai aiguës spécialement tributaires d’Enval;  et la liste était longue de ces affections tributaires d’Enval, longue, variée, consolante pour toutes les catégories de malades. La brochure se terminait par des renseignements utiles de vie pratique, prix des logements, des denrées, des hôtels. Car trois hôtels avaient surgi en même temps que l’établissement casino-médical. C’étaient: le Splendid Hôtel, tout neuf, construit sur le versant du vallon dominant les bains, l’hôtel des Thermes, ancienne auberge replâtrée, et l’hôtel Vidaillet, formé tout simplement par l’achat de trois maisons voisines qu’on avait perforées afin d’en faire une seule.  
       Puis, du même coup, deux médecins nouveaux s’étaient trouvés installés dans le pays, un matin, sans qu’on sût bien comment ils étaient venus, car les médecins, dans les villes d’eaux, semblent sortir des eaux, sources, à la façon des bulle bulles de gaz. 

Guy de Maupassant, Mont-Oriol

 

      (...) la question se pose ainsi: régulariser l’alimentation et fortifier les nerfs, l’un ne va pas sans l’autre; et il faut agir sur les deux moitiés du cercle.
     
Mais le voyage à l’étranger?
     
Je suis ennemi de ces voyages à l’étranger.
     
Veuillez suivre mon raisonnement: si le développement tuberculeux commence, ce que nous ne pouvons pas savoir, à quoi sert un voyage? L’essentiel est de trouver un moyen d’entretenir une bonne alimentation.» Et il développa son plan d’une cure d’eaux de Soden, cure dont le mérite principal, à ses yeux, était évidemment d’être absolument inoffensive. Le médecin de la maison écoutait avec attention et respect.

Tolstoï, Anna Karénine

 

      Ils auraient juré qu'ils étaient à Vichy depuis une éternité alors qu'ils n'en étaient qu'à leur cinquième jour. Déjà ils s'étaient créé un horaire qu'ils suivaient minutieusement comme si cela avait de l'importance et les journées étaient marquées par un certain nombre de rites auxquels ils se prêtaient avec le plus grand sérieux.
(...)
       Chacun ici n'accomplissait-il pas le même geste aux même heures de la journée, et pas seulement autour des sources pour les verres d'eau sacro-saints?
(...)
       Ils appartenaient à des milieux déterminés qui avaient leurs règles, leurs tabous, leurs mots de passe. Certains étaient riches, d'autres pauvres. Il y en avait de très malades que la cure ne faisait que prolonger et d'autres à qui elle permettait de ne pas trop se surveiller le reste de l'année.
       Ici, tous étaient confondus.

Georges Simenon, Maigret à Vichy

 

       Il y a ici ce qui manque presque toujours aux petites villes russes: trottoirs et bordures bien entretenus, contreforts semés de gazon, de massifs de fleurs. Cette ville a un air de joyau attentivement soigné. C'est que nous sommes dans une ville d'eaux presque exclusivement réservée aux vacanciers, aux soins et à la détente...
      Cela m'a fait vaguement penser à Vittel. Je préfère évoquer Vittel que Vichy, on comprendra pourquoi... Les Russes appellent Belokourikha la petite ville suisse. La ville n'est pas très ancienne, moins de 150 ans. Elle s'est construite autour d'une source, chaude soi-disant, qui était entourée de serpents. Les quelques habitants à la ronde couvaieunt cette source de terre, afin de chasser les serpents qui vivaient autour... Mais ils savaient aussi utiliser cette eau pour se soigner. C'est donc par eux qu'un dénommé Semion Kazantsev, sorte de prospecteur en la matière, apprend l'existence de cette source et de ses pouvoirs cicatrisants.

Philippe B. Tristan, Carnets de Sibérie

 

      Dans les villes d'eaux et, semble-t-il dans toute l'Europe, lorsqu'un directeur d'hôtel donne une suite à un client, il s'inspire moins des désirs et des besoins de celui-ci que de l'opinion qu'il se fait de lui; il faut remarquer qu'il se trompe rarement.

Fedor Dostoïevski, Le joueur

 

       Immédiatement après ces deux jours aussi démoralisants pour lui que pour les gens de Desenzano, le Dr K. passe trois semaines à l'établissement thermal du Dr von Hartungen à Riva, qu'il rejoint par bateau à vapeur dès avant la tombée de la nuit. Un domestique en long tablier vert retenu à l'arrière par une chaînette de laiton conduit le Dr K. à sa chambre, d'où, celui-ci, au crépuscule, voit le lac aux eaux étales reposer dans un calme absolu. Dans cette nature aux tonalités bleues, rien ne semble se mouvoir, pas même le vapeur déjà reparti et parvenu assez loin du rivage. Dès demain commence la routine des soins. Autant que possible, le Dr K. veut essayer, entre les différentes aspersions froides et le traitement électrique qui lui a été prescrit, de retrouver une sérénité pleine et entière.(..)

W.G. Sebald, Vertiges

 

      Don Luis avait été porté à son lit de la même manière que la veille. Il avait éprouvé un grand bien à se plonger dans l'eau chaude de Royat.  Il n'avait jamais vu Maria aussi gaie que ce soir, au dîner, presque trop gaie. (...) Eh bien, il faudrait absolument qu'il guérisse à présent. Les médecins insistaient pour pour deux ou trois mois de traitement. Et pas de vin! C'était long. Il remua son pied avec impatience et la douleur habituelle le reprit. Pourquoi ne pas débuter en passant une semaine près des sources, afin de bien commencer son traitement. 
(...)
Don Luis passait toute la matinée les pieds dans l'eau. Une petite table en fer placée dans un endroit peu profond de la piscine lui permettait de faire une partie de mouche avec monseigneur d'Agen, tandis que les bulles d'air montaient entre leurs orteils. Il faisait chaud, les cartes collaient à la table et le jeu avançait lentement. Le duc, qui n'avait que de vagues connaissances scientifiques, se mit à discuter de la propriété des eaux, de leur histoire, à décrire la pendule à eau, puis il parla de musique et de l'opéra, qu'il affectionnait tout particulièrement.
(...)
«Je dois, mon cher ami, vous remercier non seulement de votre hospitalité dans votre charmante demeure qui cache, comme je l'ai découvert, une cave excellente, mais encore ma guérison. Je suis maintenant complètement rétabli. Je pourrais jouer un rôle honorable dans  une affaire d'honneur, mais non pas seulement au pistolet ou comme second. Les eaux de Royat ont toutes les qualités que vous leur attribuez. Leur action m'a rajeuni. Pour un peu, je la croirai surnaturelle. En tout cas je suis obligé de reconnaître que leur action galvanise la vie.»

Hervé Allen, Anthony Adverse

 

      «Vous êtes en peine de ma douche, ma très chère, je l'ai prise huit matins comme je vous l'ai mandé; elle m'a fait suer abondamment; c'est tout ce qu'on en souhaite; et bien loin de m'en trouver faible, je m'en trouve plus forte. Il est vrai que vous m'auriez été d'une grande consolation; mais je doute que j'eusse voulu vous souffrir dans cette fumée: pour ma sueur, elle vous aurait un peu fait pitié; mais enfin je suis le prodige de Vichy pour avoir soutenu la douche courageusement. Mes jarrets en sont guéris; si je fermais les mains, il n'y paraîtrait plus»    

Madame de Sévigné, lettre à sa fille (du 8 juin 1676)

 

      J'ai terminé cette première journée en allant découvrir l'espace balnéaire du principal sanatorium. Je pense qu'il appartient à la ville. Une grande piscine constituée de plusieurs bains, avec des jets aériens ou subaquatiques... On peut y passer des heures... nager, se prélasser sur un courant de bulles, ou tenter de remonter le fort courant d'un couloir circulaire. Et puis, lorsque vous en avez marre de la piscine, vous pouvez vous rendre à l'espace banya, où la température est réglée à un niveau supportable, même agréable. Rien à voir avec le banya du «lac Blanc»! Et puis, en sortant du banya, vous pouvez aller vous rafraîchir dans un jacuzzi, dont les bulles caressantes et relaxantes vous prépareront à une profonde nuit de sommeil...

Philippe B. Tristan, Carnets de Sibérie

 

       Trop dilettante, en effet, et se perdant avec sa vie d'oisiveté, Shimamura cherchait parfois à se retrouver. Ce qu'il aimait alors, c'était de partir seul en montagne. Tout seul. Et c'était ainsi qu'il était arrivé un soir à la station thermale après une semaine passée en course dans la Chaîne des Trois Provinces. Il avait alors demandé qu'on lui fît venir une geisha...
(...)
Pour éviter sans doute l'engorgement par la neige, l'écoulement des eaux des bains se faisait par une rigole tracée contre les murs de l'hôtel. Devant l'entrée, l'eau s'étalait en une large flaque qui ressemblait à un étang minuscule. Sur les dalles qui menaient à une porte, un gros chien noir était en train d'y boire. Un alignement de skis, qu'on venait probablement de sortir d'une réserve pour les exposer à l'air, devait attendre les futurs clients; une faible odeur de moisissure s'en dégageait, adoucie et comme sucrée par la vapeur qui montait de l'eau chaude.

Yasunari Kawabata, Pays de neige

 

       Devant le pavillon des curistes, trois cents vieilles dames à chevelure mauve se reposent sur des chaises vertes en écoutant (d'un œil seulement) deux ou trois musiciens à gilet rouge qui tirent d'une trompette un solo tyrolien trop sucré... Fatiguées par les eaux et leur longue vie, elles n'applaudissent que du bout des doigts, le sourire aux dents. 

Jean-Paul Klée, Un dimanche à Baden-Baden 
(dans: Les charmes de Baden-Baden, éd. Andersen 2015)  (dans: Les charmes de Baden-Baden, éd. Andersen 2015) 

 

      À Baden, il n'est pas nécessaire de sortir de la petite ville pour jouir du paysage. La belle forêt vallonnée pénètre insensiblement entre les maisons basses de style Biedermeier, qui ont conservé la simplicité et la grâce de l'époque de Beethoven. On s'assied partout en plein air dans les cafés et les restaurants, on peut se mêler à son gré au peuple enjoué des curistes qui font le corso dans le parc thermal ou se perdent sur des chemins solitaires. 

Stefan Zweig, le monde d'hier

 

      La piscine de Baden, avec ses huit mille places, est aussi l'une des plus belles d'Europe. Quant à ses fameuses eaux, elles sont vieilles de douze à dix-sept mille ans, et ce sont les plus chaudes des eaux thermales d'Allemagne, sortant de deux mille mètres sous la terre à cinquante-huit voire soixante-huit degrés. Il y a seize sources. Nous avons bu un verre chaud. Les Romains (dont l'empereur Caracalla) y soignèrent déjà leur mélancholies... Les princes polonais leur gravelle ou bile noire, les Britanniques leurs « séquelles» des Indes et les musiciens leurs migraines ataviques, les Mexicains leurs... «sombreros». 

Jean-Paul Klée, Un dimanche à Baden-Baden 
(dans: Les charmes de Baden-Baden, éd. Andersen 2015)

 

      C’est incroyable, ces villes d’eaux. Ce sont les seuls pays de féerie qui subsistent sur la terre! En deux mois il s s’y passe plus de choses que dans le reste de l’univers vers durant le reste de l’année. On dirait vraiment que les sources ne sont pas minéralisées, mais ensorcelées. Et c’est partout la même chose, à Aix, Royat, Vichy, Luchon, et dans les bains de mer aussi, à Dieppe, Étretat, Trouville, Biarritz, Cannes, Nice. On y rencontre des échantillons de tous les peuples, de tous les mondes, des rastaquouères admirables, un mélange de races et de gens introuvables ailleurs, et des aventures prodigieuses. Les femmes y font des farces avec une facilité et une promptitude exquises. À Paris on résiste, aux eaux on tombe, vlan! Les hommes y trouvent la fortune, comme Andermatt, d’autres y trouvent la mort comme Aubry-Pasteur, d’autres y trouvent pis que ça... et s’y marient... comme moi moi... et ... comme Paul. Est-ce bête et drôle, cette chose-là?

Guy de Maupassant, Mont-Oriol

 

       Serge Olevitch ouvrit sa fenêtre et se jeta, les pieds en avant, du deuxième étage.
      Les eaux de la petite ville de Turinge, en Bavière, ne sont pas spécialement recommandées aux déficiences osseuse, et quatre sources sulfureuses, une promenade bordée de deux rangées d'ormes royaux, trois hôtels élégants et vieillots en font tout le charme. L'arrivée du jeune Serge Olevitch à la Hunter Gasterhaus surprit donc les curistes comme les habitants, et, parmi ceux-ci, la très honorable Hannette von Tenck, propriétaire de dix mille actes à l'est de Turinge, du plus bel hôtel particulier du bourg, et surtout unique sœur du baron outragé. 

Françoise Sagan, Les suites d'un duel
(
nouvelle dans: Musiques de scènes)

 

      Et avec curiosité, Hans Castorp aspira une longue bouffée de cet air étranger, pour l'éprouver. Il était frais, et c'était tout. Il manquait de parfum, de teneur, d'humidité, il pénétrait facilement et ne disait rien à l'âme. (...)
Oui, c'est un air réputé.
(...)
       Notre sanatorium est situé plus haut encore que le village, vois-tu, poursuivit joachim. Cinquante mètres. Le prospectus dit «cent»
mais ce n'est que cinquante. Le sanatorium le plus élevé est le sanatorium Schatzalp, de l'autre côté; on ne peut pas le voir d'ici. Ceux-là en hiver, doivent transporter leurs cadavres en bobsleigh, parce que  les chemins ne sont plus viables. 

Thomas Mann, La montagne magique

 

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